No. 338/2008
† Le Métropolite Joseph
Le cœur pur, crêche où naît aujourd'hui le Christ
Lettre pastorale pour la Nativité du Seigneur 2008
à tout le clergé, aux moines et au peuple orthodoxe de toute la
Métropole
Révérends Pères,
Chers fidèles,
«Nous avons vu, en effet, son astre à son lever et sommes
venus lui rendre hommage.» (Matt 2, 2)
C’est avec ces paroles que les trois rois mages venant de
l’Orient ont accueilli le roi Hérode, contrarié par leur présence
dans cette Judée si éloignée de leurs lieux d’origine. Même loin
du peuple qui L’accueillait, au sein duquel allait naître le Fils
de Dieu, le Messie tant attendu, le Sauveur du monde, voici que
nombreux étaient ceux qui de par le monde connaissaient et
attendaient un Sauveur de l’humanité. Le Mystère de la naissance
du Messie d’une Vierge, du «devenir homme» du Fils de
Dieu dans le Bethléem de Judée, était dévoilé à ces hommes si
étrangers à Sa loi. Etrangers et non initiés aux choses du Vrai
Dieu, il s’est avéré que les rois de l’Orient ont cherché la
vérité avec un cœur pur durant toute leur vie, et Dieu les a
récompensés, parce qu’Il leur a donné non seulement de savoir la
Vérité, mais de La rencontrer, de L’adorer. Même s’ils venaient
de loin aussi dans leur recherche de la vérité, le Christ, le
Verbe de Dieu, Se révèle à eux et éclaire leur voie jusqu’à la
crèche de Bethléem, parce que dans leur recherche ils désiraient
d’un cœur pur trouver et connaître Dieu tel qu’Il est en vérité.
C’est pourquoi leurs actions sont inscrites dans
l’Evangile: ainsi, les rois de l’Orient nous conduisent à
présent nous aussi à la crèche de Bethléem, et de là à la crèche
qui se trouve au-dedans de nous, là où le Christ veut être
accueilli, pour naître et nous donner naissance, dans le cœur
pur! Ils nous encouragent à ne pas oublier que, tout
éloignés que nous soyons du Christ, si nous Le cherchons avec un
cœur pur, nous Le trouverons, parce que c’est Lui-même qui nous
guide.
Voici comment les rois mages eux-mêmes, écoutant la voix de leur
conscience et ne considérant pas leur vie plus importante que la
Vérité devant les menaces d’Hérode, témoignent de la vraie
Lumière du monde, «… qui éclaire tout homme qui vient dans
le monde» (Jean 1, 7-9). En toute confiance, ils se sont
mis au service de la Lumière qui est venue dans le monde et vers
laquelle en toute confiance ils se dirigeaient. Voici la Lumière
du monde, dont parle le saint Evangéliste Jean, Qui vient en
toute douceur, sous le visage d’un Enfant né dans la crèche, vu
et accueilli mystérieusement par les ordres des anges, par les
bergers, les rois mages de l’Orient et par les bêtes, et qui
aujourd’hui cherche aussi sa demeure dans notre cœur. L’étoile
éclaire, cherchant la voie vers chaque cœur qui veut accueillir
le Fils d’en haut, le Sauveur. Pour chaque âme c’est à nouveau
l’accomplissement des temps, lorsque «Dieu envoie son Fils
né d’une femme…» (Gal 4, 4-5) afin que par Lui nous
devenions aussi des fils, «… nous recevions
l’adoption» (Gal 4, 5). Maintenant le Christ attend qu’Il
soit aussi accueilli dans notre cœur par le Saint Esprit, qui
nous aide à reconnaître le Fils, appeler Dieu Père. Il fait de
nous des fils adoptifs, Il prépare nos cœurs pour L’accueillir et
pour que le Fils puisse naître en nous. «A l’Eternel
appartient la terre et ce qu’elle renferme, le monde et ceux qui
l’habitent», tout Lui appartient, le ciel et la terre, mais
le Seigneur veut Se reposer, Il veut une crèche, il veut la
chaleur du cœur de celui pour qui aujourd’hui un Enfant naît.
Dans le cœur de l’homme Dieu peut et veut demeurer, par le Saint
Esprit. Par le Saint Esprit le Christ cherche à présent dans nos
cœurs une demeure pour naître. C’est Sa véritable demeure, le
cœur pur, le cœur immaculé.
Notre cœur ne peut pas rester vide, il se remplit toujours de
quelque chose: «d’enfer, de monde ou de Dieu».
Lorsqu’Adam et Eve ont détourné leurs cœurs de Dieu par la
désobéissance, ils se sont remplis d’enfer et de monde, ils sont
devenus esclaves du péché et des faiblesses humaines et de la
mort. Cependant Dieu ne nous a pas abandonné dans cet état, mais
nous a donné un signe de son amour sans bornes, Sa venue parmi
nous. Sur le cœur de la Vierge Marie, Sa Mère, la Nouvelle Eve,
le Fils d’en haut, le Seigneur Dieu, le Créateur du ciel et de la
terre a incliné Sa tête, pour écouter les battements du cœur de
toute l’humanité qui criait pour être sauvée; pour dire à
l’homme terrassé par le péché et par la mort qu’Il veut être
accueilli dans son cœur pour le sauver. Le Fils de Dieu veut
notre cœur qui n’a pas oublié que jadis il reflétait le Ciel, qui
était le miroir de la splendeur de Dieu, «qui était jadis
dans le Paradis entre Ses mains, en dehors de tout danger»
de la mort.
En ce jour, le Christ fait Sa demeure dans nos cœurs à chaque
fois que nous L’accueillons, en les éclairant, en les purifiant,
en les remplissant de la gloire divine. C’est pourquoi nous Le
désirons et nous L’appelons à incliner Sa tête sur les battements
de nos cœurs souillés, éloignés et dissipés dans les désirs des
choses de ce monde, afin d’arriver à Le voir tel qu’Il est.
Bien aimés frères dans le Seigneur,
Dans notre vie de tous les jours nous avons aussi besoin d’un
cœur pur où le Christ Se reflète afin d’accueillir et d’aimer
notre frère. «Lorsqu’un cœur impur parle à un autre cœur
impur, c’est la division… Mais lorsque deux cœurs purs se
parlent, c’est la joie, la paix, c’est un grand miracle.»
N’oublions pas que le Christ nous aime par-dessus tout et nous
demande la même chose, d’aimer. Mais comment y arriverons-nous
sans Son aide?
Remercions le Père céleste pour le don qu’Il a fait au monde par
la Naissance de la Vierge de son Fils dans la cité de Bethléem,
rendons grâce pour l’amour dont Il nous assiste et prions-Le de
nous aider à Le CHERCHER AVEC UN CŒUR ENTIER et à dire avec le
bienheureux Augustin: «Par Lui Seigneur Tu nous as
cherchés lorsque nous ne Te cherchions pas, mais Tu nous as
cherchés pour que nous puissions aussi commencer à Te
chercher».
Que le Fils de Dieu aujourd’hui né dans la crèche vous donne des
Fêtes pleines de joie, de dons célestes que vous puissiez
partager avec ceux que vous aimez, à la gloire de Dieu.
† Le Métropolite Joseph
Paris, La Nativité du Seigneur 2008