No. 091/23 avril 2006
† Le Métropolite Joseph
Lettre pastorale
pour les saintes Fêtes de Pâque
2006
àtout le clergé, aux moines
et au peuple orthodoxe
de toute la Métropole
„De lumière, maintenant, est rempli tout l'univers au ciel, sur
la terre et aux enfers;
Que désormais toute la création célèbre
la Résurrection du Christ ! ...“
Révérends Pères,
Chers fidèles,
LE CHRIST EST RESSUSCITE!
Avec beaucoup de piété nous vivons cette année encore la
Résurrection de notre Seigneur Jésus-Christ. Celui qui a été jugé
injustement, Celui dont on s'est moqué, Celui qui a été battu et
sur Lequel on a craché, Celui qui a été abreuvé par le fiel et le
vinaigre des péchés du monde, Celui qui a été crucifié, Celui qui
a été mis en tombeau dans Sa chair, voici qu'Il ressuscite le
troisième jour (Mt. ch. 27-28).
La fête de la Résurrection de notre Seigneur Jésus-Christ, la
Pâque, n'est pas seulement un anniversaire, une simple fête.
C'est le mystère du passage de notre Sauveur de la mort à la vie
par Sa Passion vécue pour nous, le mystère de la vie qui jaillit
du tombeau donateur de vie, resté aujourd'hui vide de Celui sur
qui la mort n'a plus d'emprise, car Il n'a point de péché. (Jean
8,46; Hébreux 4,15)
En nous, les hommes, ce mystère commence et agit dès le Baptême;
c'est là que nous revêtons la Grâce du Christ, Grâce qu'Il nous
prépare par Sa Résurrection: "baptisés dans le Christ Jésus,
c'est dans sa mort que tous nous avons été baptisés, afin que,
comme le Christ est ressuscité des morts par la gloire du Père,
nous vivions nous aussi dans une vie nouvelle; .... ce corps de
péché fût réduit à l'impuissance, car celui qui est mort est
affranchi du péché" (Romains 6, 3-7). Dans le Baptême, nous
sommes greffés au Christ, dans Sa Crucifixion et Sa mort, pour
prendre part à Sa Résurrection.
Le Christ, notre Pâque, "passe" aujourd'hui encore parmi nous,
les hommes, pour nous guérir et nous sauver, pour appeler chacun
par son nom et nous rappeler que nous avons étés greffés à Lui
dans Sa mort et dans Sa Résurrection.
Pour manifester l'amour parfait du Père céleste pour l'homme
qu'Il a créé, le Christ est venu à nous, et, comme dit le
Bienheureux Augustin, "Il a mangé avec nous ce qui se trouve en
abondance dans la pauvre maison de notre misère. Il a bu ici le
vin aigre, il a bu ici le fiel, voici ce qu'Il a trouvé dans
notre pauvre maison; mais en retour, Il nous a invités à sa
grande table du ciel". (Sermon sur Pâques 232,5)
Le Christ a vaincu la peur de la mort; il est venu la chercher
dans l'homme, pour la vaincre. Car Il ne pouvait pas nous
redonner la vie sans que, par amour pour nous Il n'assume d'abord
la mort, conséquence du péché, et sans qu'Il nous guérisse, " Lui
qui, sur le bois, a porté lui-même nos fautes dans son corps...."
(1 Pierre 2, 24). Car, continue le Bienheureux Augustin, "Lui,
qui est la Parole, d'où lui viendrait la mort? Et à nous, hommes
de la terre, mortels, pécheurs.... d'où nous viendrait la vie? Il
n'avait rien dont il pût tirer la mort, nous n'avions rien dont
nous eussions pu tirer la vie. Il a reçu la mort de notre lot,
pour, de son lot, nous donner la vie." Le Christ a pris notre vie
pour réaliser cela, pour échanger nos propres vies avec la
Sienne. „Lui, qui n'a pas refusé la mort, comment aurait-il
pu nous refuser la vie?”
C'est notre devoir de chercher sans cesse la vie que le Christ
nous offre en abondance, maintenant, à Pâque: "Nous avions ce
dont il est mort, Il avait ce dont nous vivons." Le Christ nous
invite sans cesse à faire un échange: "Je prends de toi la mort,
prends de moi la vie."
La Résurrection du Christ est un appel ininterrompu qui nous
invite à être des fils de Sa Résurrection, libres des choses de
ce monde qui font de nous des hommes charnels après avoir reçu la
Grâce et le germe de la Résurrection par le Baptême. Et comment
pourrons-nous rester greffés au Christ, si ce n'est en le
cherchant sans cesse dans nos prières?
Mais si le péché nous a vaincus, ou nous vainc encore, et si nous
nous sentons faibles et malades, c'est Lui le médecin à qui nous
demandons secours. Quand nous l'appelons, nous devons croire que
le meilleur des médecins, pour qui aucune maladie n'est
intraitable, a déjà commencé à nous soigner. N'ayons pas peur des
péchés passés, que nous avons pu commettre ,"combien incroyables
seraient-ils, si grandes et si lourdes sont nos maladies,
notre Médecin - le Christ - est encore plus grand".
Le Christ ne cesse d'être parmi nous pour nous guérir et nous
sauver, mais Il nous envoie aussi vers nos frères, en Son Nom,
pour les rencontrer et pour leur tendre une main, qui la plupart
du temps peut être salvatrice.
A la Lumière de la Résurrection du Christ nous est révélé tout
d'abord l'amour infini que le Christ a pour nous, amour qu'Il a
vécu même sur la Croix. C'est cet amour qu'il partage avec nous.
C'est toujours grâce à cette Lumière que nous pouvons mieux
comprendre combien nous avons été pardonnés; le pardon jaillit du
tombeau du Christ pour chacun de nous sans distinction. Trouvons
cette Lumière et multiplions-la autour de nous. C'est en Elle que
nous voyons le Christ comme un Sauveur bon et doux, qui jusqu'au
dernier instant, sur la Croix, a crié vers le Père pour demander
notre pardon. Nous comprenons une fois de plus que pour nous, le
Christ est le Salut-même, que c'est en Lui que nous trouvons et
que nous pouvons trouver cette grâce parfaite du salut.
Chers fidèles,
Dans ces jours, de nombreuses souffrances ont accablé nos frères
de Roumanie, qui vivent à côté du Danube. Des milliers de
personnes ont été chassées de leurs maisons par les eaux,
sans qu'ils aient un toit pour s'abriter. Sa Béatitude, le
Patriarche Théoctiste et les hiérarques des régions en détresse
nous demandent de l'aide pour ceux qui souffrent, cette fois
encore. C'est pour cela que je vous prie de penser et de prier
pour eux dans ce saint jour de Pâque, et d'apporter l'offrande du
peu que vous avez, au nom du Seigneur.Votre aide nous allons
l'envoyer à ceux qui vivent dans les départements gravement
affectés par les inondations.
Beaucoup ne pourront pas se rejouir pour ces fêtes, mais nous
espérons que, au moins quelques uns d'entre eux, pourront
reçevoir une consolation pascale de notre part, nous qui vivons
loin d'eux. Cette collecte va continuer le deuxième dimanche
après Pâques, le Dimanche de Thomas.
Je prie notre Seigneur Jésus Christ, Celui qui est Ressuscité des
morts, de vous guider vers de bonnes actions, de bénir vos
familles et vos maisons, de vous donner santé et prospérité pour
que vous puissiez tout faire pour Sa gloire.
LE CHRIST EST RESSUSCITE!
† Le Métropolite Joseph
Paris, saintes Pâques 2006