Par la grâce de Dieu archevêque et métropolite
de la Métropole Orthodoxe Roumaine d'Europe Occidentale et Méridionale,
au clergé et aux fidèles orthodoxes bien-aimés,
souhaits de sainte joie de la part du Christ Seigneur,
avec notre bénédiction archiépiscopale.
Révérend Père, chers fidèles,Avec l'aide du Dieu de bonté, nous voici arrivés au saintes fêtes de la Naissance du Seigneur. Beaucoup d'événements enrichissent les uns aux autres notre vie au fil des années, mais comme nous serions pauvres sans la joie et la situation exceptionnelle auxquelles nous fait participer le Seigneur, par la bonté et l'amour avec lesquels Il est venu sur terre! Le Ciel et les mondes angéliques, la Terre et les mages venus de loin à l'appel de l'étoile, ainsi que les bergers des troupeaux voisins de Bethléem, ont tressailli de joie près de la grotte mystérieuse et dépouillée qui accueillait l'Enfant Jésus, le Bon Berger! Cet état de joie des mages, des bergers anonymes, et même de ceux qui étaient sans voix, s'est transmis au long des siècles parmi les peuples qui portent le Nom du Christ, et pas seulement en leur sein. A cette joie bimillénaire nous communions nous aussi aujourd'hui, et nous sommes les témoins de cette joie de la Naissance du Seigneur, année après année, et de génération en génération.
Notre joie n'est pas sans fondement; elle n'est pas non plus une joie passagère, parce qu'elle découle de la vérité fondamentale de l'Incarnation du Fils de Dieu, c'est-à-dire du fait que Dieu est né dans notre monde pour nous introduire dans son monde.
La sagesse de ce monde a tellement diminué l'Homme, que, bien souvent, la société ou les institutions de ce monde sont plus importantes que l'Homme lui-même! Le Seigneur a pourtant créé l'Homme en lui donnant la grâce de pouvoir atteindre sa ressemblance. Et Il a fortifié cette vocation de l'Homme à la ressemblance divine par le plus grand miracle advenu sous le soleil depuis la création du monde : l'Incarnation de son Fils, notre Seigneur Jésus Christ. Telle est la dignité que le Père céleste donne à l'Homme, et à chaque être humain en particulier, en envoyant comme Sauveur son propre Fils. Quand nous disons « Sauveur », nous devons penser à tout ce qu'implique la vie du Christ sur la Terre, en Homme véritable et en Dieu véritable, jusqu'au sacrifice de la Croix. Le Salut ne signifie pas une implication de Dieu de façon extérieure à la condition humaine; il signifie au contraire une action intérieure à elle, en devenant Homme ou Fils de l'Homme, comme l'appelle la sainte Ecriture. « Devenir Homme »veut dire que le Christ devait être en tout semblable à nous, à part le péché, pour pouvoir nous sauver. « Qui d'entre vous me convaincra de péché? » (Jean 8, 46), demande le Christ à ceux qui doutaient qu'Il fût le Sauveur. Le Malin, le Prince de ce monde, n'a rien en commun avec le Christ : aussi l'Incarnation du Fils de Dieu est-elle salvatrice. Le Christ vient sur terre pour nous aider à nous libérer du péché et de ses conséquences, c'est-à-dire la mort et la souffrance, ce que l'Homme n'aurait pu faire par ses propres forces. Dieu le Fils devient Nouveau-né dans la grotte de Bethléem. C'est lui que nous accueillons aujourd'hui, dans la crèche de notre coeur, comme notre Sauveur et notre Frère.
Nous passons des moments de grande épreuve pour toute l'humanité, et quelques uns autour de nous se demandent : où est Dieu ? Pourquoi ne fait-Il rien? Mais, quand nous le tenons à l'écart de notre école, de notre famille, de la vie de nos enfants; quand dans notre société nous ne pensons plus avoir besoin de lui, comment pouvons-nous poser une telle question? Les ténèbres ne viennent pas n'importe comment; elles ne viennent pas toutes seules : elles viennent parce que l'être humain les cherche. En ce qui concerne l'Homme en général et la personne prise en particulier, nous éprouvons un mélange de sentiments : d'un côté, la beauté de l'Homme nous inspire un état d'élévation spirituelle; d'un autre côté, l'égoïsme cultivé par l'homme moderne l'éloigne de l'amour de Dieu, et lui fait préférer les ténèbres du monde.
Voici que le Fils de Dieu vient vers nous, humble Nouveau-né dans une crèche, pour apporter la lumière de sa grâce de Sauveur, sur nous et sur le monde entier. Laissons-le entrer à nouveau dans nos vies! Il peut nous rendre la foi - à ceux qui nous entourent et à nous-mêmes - pour discerner dans la nature humaine la capacité que Dieu à établie en nous dès le principe: celle de devenir, par l'oeuvre de sa grâce, semblables à lui.
Que Dieu apporte la bénédiction à vos familles : qu'Il vous comble, en cette nouvelle année, de paix, de bonne entente et de progrès en tout ce qui est utile.
Que le Christ né aujourd'hui vous donne part à la joie
qu'ont éprouvée les anges quand ils annonçaient au
monde que s'est levée la Lumière de la connaissance.
| Paris, | +JOSEPH |
| Fête de la Nativité du Seigneur, 2001 | archevêque et métropolite |