+ Archevêque Joseph

Lettre pastorale pour la sainte Pâque


LE CHRIST EST RESSUSCITE !

Le Seigneur, le Dieu Tout-Puisssant, dans son infinie compassion pour tous les hommes, est venu sur la terre, a vécu parmi nous pendant trente-trois ans et  a souffert pour chacun d'entre nous. Il s'est donné lui-même en nourriture à ceux qu'Il aime, le Jeudi Saint, instituant de la sorte ce que nous célébrons sous le nom de Sainte Liturgie.  

Cette Liturgie, qu'Il a instituée le Jeudi Saint, est célébrée par excellence le dimanche, jour de la Résurrection. Pourquoi ? Le samedi, le Christ git dans le tombeau, le vendredi Il meurt, le jeudi, Il institue la Cène, le mercredi, Il est vendu par Judas, le mardi, il accueille les cinq vierges sages aux noces, image des âmes parées de vertu et le lundi Il sèche le figuier stérile, image des âmes qui ne portent pas de fruit. Et chaque jour de cette Grande Semaine s'adresse à nous d'une manière toute particulière. Mais si nous célébrons la Liturgie le dimanche et non le jeudi, c'est parce la Liturgie récaptiule tous ces évènements qui trouve leur accomplissement dans la Résurrection du Christ que nous fêtons aujourd'hui.

Ainsi, par la Résurrection du Christ, c'est tout le temps de notre vie qui est sanctifié. Et même les moments où nous doutons de Dieu, même les moments où Dieu semble nous avoir quittés et où l'enfer prend la place du Paradis deviennent malgré tout des moments de sanctification, parce que le Christ lui-même les a vécus : il a été vendu et haï par ses frères, il est passé par la dérision, la douleur et l'angoisse, tout comme l'un d'entre nous. Il a connu le temps et le monde de notre pourriture, corporelle et spirituelle. Il a connu tout cela et nous a donné en échange sa chair et son sang pour que nous ressuscitions de tous nos malheurs.

Par sa Résurrection, le Christ est pour toujours à côté de nous, en tout ce que nous vivons sur la terre. Ainsi, chaque jour, chaque heure, chaque minute de notre vie est sous le signe de la sanctification et il appartient à chacun de nous de le sanctifier ou de le profaner. Tout ce qui nous concerne Le concerne ; tout ce qui nous donne souffrance Lui donne souffrance ; tout ce qui nous donne la vraie joie Lui donne la joie. C'est pour cela qu'aujourd'hui nous sommes appelés à souffrir les uns pour les autres, à nous aider les uns les autres et à nous pardonner les uns les autres. C'est comme cela que l'Esprit agit à travers nous, comme il a agi à travers le Christ incarné.

Aujourd'hui, Celui qui a vécu à Gethsémani l'angoisse de notre solitude et du manque de foi qui est le nôtre, est ressuscité et Il est plus proche de nous que jamais. Que l'on soit enfant, adolescent, adulte ou âgé, Il est à côté de nous. Quel que soit l'état dans lequel nous nous trouvons, nous pouvons dès maintenant crier : « Seigneur, qui es ressuscité, viens à notre secours! » Il nous entend, même si, comme Pierre, nous prétendons que nous ne Le connaissons pas, que nous ne savons pas qui Il est, même si Ses paroles ne résonnent plus dans notre coeur comme autrefois et ne veulent plus rien dire, parce que l'enfer est entré dans notre vie. Il nous entend, parce qu'aujourd'hui Il a détruit l'enfer.

Le Christ est ressuscité ! Tout est rempli de beauté et de lumière, tout est transfiguré ! Toute angoisse, solitude et tristesse fondent comme la cire devant la face du feu. Voici le Jour que le Seigneur a fait, réjouissons-nous et soyons dans l'allégresse !

Avec amour et joie dans le Christ ressuscité,

+ Archevêque Joseph

Paris, le 19 avril 1998