Historique de l'événement
Ordination épiscopale de l'archevêque Joseph

Dimanche 15 mars 1998.

Un événement extrêmement important a eu lieu dimanche 15 mars 1998: l'ordination d'un évêque, le renouvellement de la grâce apostolique transmise à son Église par le Christ dans la succession ininterrompue des évêques. À travers les sacrements ou mystères de la sainte Église, qui en elle-même est sacrement et mystère de la présence éternelle dans le monde du Verbe incarné par la puissance du Saint-Esprit, la grâce incréée qui procède de la divinité est donnée par le ministère d'un homme, à un diocèse tout entier et, en lui, à toute l'Église "catholique" - l'Église dans sa plénitude d'Esprit et de Vérité.

Dieu a bien voulu qu'au terme d'efforts continus de personnes de bonne volonté le sacrement puisse être célébré dans des conditions presque miraculeuses. Le samedi 14, à l’issue des vêpres avait eu lieu la présentation de l’ordinand aux évêques consécrateurs. Une belle foule de fidèles assistait déjà à cette introduction au rite d’ordination.

Dimanche 15 mars, dans la cathédrale Saint-Etienne remplie de fidèles et de prêtres principalement roumains et français, a eu lieu la descente identique à elle-même et éternelle du Saint- Esprit sur les successeurs directs des Apôtres - les évêques - sur les prêtres, les diacres et sur tout le peuple confessant la vraie foi. Pentecôte actualisée, la sainte liturgie était présidée par le métropolite Jérémie, à l'invitation du Patriarche et du Saint- Synode de l'Église autocéphale de Roumanie, en tant qu'il est actuellement le président de l'Assemblée des évêques orthodoxes de France et qu'il était, en ce jour saint et béni, l'hôte de l'Église roumaine. Avec lui, pour former le nombre canonique, les deux autres évêques consécrateurs étaient le métropolite Séraphim et l'évêque Goury (Patriarcat de Moscou). Célébraient également l'archevêque Serge (Patriarcat de Constantinople), l'évêque Luc (Patriarcat de Serbie), l'évêque Justinien (Patriarcat de Roumanie), l'évêque Nathanaël (Diocèse roumain d'Amérique et du Canada), l'évêque André, l'évêque Théophane, l'évêque Théodose (tous trois du Patriarcat roumain), l'évêque Paul et l'évêque Michel (Patriarcat de Constantinople).

Ces douze évêques formaient une belle icône du Collège apostolique, auquel, semblable à l'Apôtre Paul, devait se joindre au cours de la célébration un treizième: l'archevêque Joseph, nouvellement ordonné. Une cinquantaine de prêtres, appartenant à tous les diocèses orthodoxes de France, des prêtres de notre Archevêché venus d'Angleterre, de Belgique, d'Italie et de Suisse ainsi que des prêtres venus de Roumanie, formait un majestueux presbyterium tandis que les diacres alternaient les invitations à la prière.

Les quelque huit cent personnes présentes comprenaient encore l'ancien roi de Roumanie, Michel 1er et son épouse Anne, la princesse Sophie, les représentants de l'Ambassade de Roumanie, avec à leur tête l'ambassadeur de Bucarest à Paris, Monsieur Dumitru Ciausu, les représentants de la Grèce et d'autres pays orthodoxes, des maires français, notamment celui de Bussy-en-Othe où se trouve le monastère desservi par Monseigneur Joseph jusqu'à présent, les représentants de l'Église catholique-romaine, en particulier Monseigneur Daucourt et Monseigneur Aumonier, ainsi que le Nonce apostolique, des délégués de monastères catholiques et les représentants des Églises réformées, notamment le Pasteur Geoffroy de Turckheim. De nombreux fidèles et prêtres étaient venus en autocar de Roumanie. Les propres parents de l'archevêque Joseph se trouvaient en compagnie de tout un groupe venu du village natal de notre évêque; plusieurs femmes portaient le costume traditionnel des villages du Maramures. Et bien sûr, la très grande majorité des paroisses de notre éparchie était représentée par des prêtres et des fidèles; des membres de monastères et de paroisses des différents diocèses orthodoxes de France participaient à la cérémonie. Les chants étaient prononcés en roumain, en français, en grec et en slavon. Un moment particulièrement intense a été celui de la Communion eucharistique, l'Église orthodoxe en France expérimentant son unité sacramentelle parfaite dans le Corps et le Sang du Christ.

La signification ecclésiologique de la journée du 15 mars 1998 est frappante. L'ordination d'un évêque n'implique pas seulement ceux de son diocèse; les autres diocèses ont montré par leur présence que tous ceux d'un même territoire, en l'occurrence la France, coopèrent dans la prière, dans la confession de la foi, dans la mission et dans le zèle pastoral. La présence d'évêques venus d'autres pays exprime l'universalité de ce qui s'accomplit par le Saint-Esprit. Dans notre pays, les diocèses en présence ne sont déjà plus seulement des diocèses ethniques: la plupart d'entre eux – c'est le cas de la métropole grecque, de l'archevêché russe de Constantinople, de l'archevêché roumain bien sûr, mais aussi du diocèse russe de Moscou - comprennent avec les membres de leur peuple d'origine, des personnes, des paroisses et des monastères de souche française. La célébration du 15 mars peut, à bon droit, être considérée comme un événement prophétique pour la vie de l'Église orthodoxe locale, non seulement en France mais dans d'autres pays d'Europe.