Le nom qui est donné au moine le jour de la profession monastique doit être en concordance avec la personnalité de celui-ci. Je connaissais Mgr Joseph depuis plusieurs années lorsqu'il a fait sa profession monastique, à la fin du séminaire. Et j'ai longuement cherché un nom qui puisse lui convenir pour remplacer son nom de baptême qui était Elie. Finalement le nom de Joseph s'est imposé à moi.
Il y a trois « Joseph » dans les Ecritures. Le premier est celui qu'on appelle le Beau Joseph, qui a été vendu par ses frères et s'est retrouvé en Égypte. Sa caractéristique première est la pureté. Il n'a pas hésité à refuser les avances de la femme de Putiphar, au risque de perdre l’amitié du Pharaon, ce qui arriva. Et père Joseph avait cette même pureté d'âme et de corps. Le second est le fiancé de Marie, la Mère de Dieu. Celui-ci, malgré des apparences éloquentes, n'a pas cédé à la tentation du doute et sa foi sans faille en la parole de Dieu l'a fait garder sa fiancée et conduire l'enfant et sa mère en exil jusqu'en Égypte. Père Joseph possédait cette foi inébranlable et cette confiance en Dieu. Le troisième Joseph des Ecritures est Joseph d'Arimathie, celui qui n'a pas craint de braver le courroux de Pilate pour demander le corps du Seigneur et lui donner les honneurs funéraires dignes de Lui, L'enveloppant d'un linceul neuf et Le mettant dans son propre tombeau. Père Joseph avait cet amour de l'action liturgique, ce respect des choses saintes et cette abnégation dans le service.
Voilà pourquoi je lui ai donné le nom de Joseph, sans choisir plus précisément aucune de ces illustres figures, car il a la pureté du premier, la foi du second et l’amour du service de Dieu du troisième. Que Dieu les lui garde.