« C'EST MOI VOTRE FRÈRE »
Une ordination épiscopale est toujours un événement majeur dans la vie de l'Eglise. Un événement avant tout pentecostal, c'est-à-dire de plénitude de l'effusion du Saint Esprit, non seulement sur la tête du consacré, mais sur l'Eglise entière. Sur notre terre de France, toutes barrières juridictionnelles se sont trouvées abolies en ce moment intemporel de l'élévation à l'épiscopat de Père Joseph.
Je regrette d'avoir à abandonner le vocable de « Père » pour celui de « Monseigneur », car l'évêque est père par excellence et plus que jamais. Cette paternité à la fois spirituelle et ecclésiale est un des dons les plus précieux de l'Esprit Saint. Par l'intermédiaire de nos « pères » par ressemblance, l'Esprit nous engendre Lui-même à la vie nouvelle en Christ et nous fait enfants adoptifs, c'est-à-dire enfants adoptés et bien aimés du Père unique.
Pensant aux charismes de l'évêque, nous pourrions passer en revue les étapes de la vie du Sauveur, notre unique Grand Prêtre de l'Alliance Nouvelle. Je retiens en particulier deux moments significatifs qui furent rappelés dans l'homélie de Monseigneur Joseph et qui prennent leur sens plénier dans le mystère du Christ Sauveur. L'un c'est l'enkolpion, ce médaillon avec l'icône de la Mère de Dieu que reçoit l'évêque à l'ordination. Il symbolise d'une part le Buisson Ardent que vit Moïse au Sinaï, d'autre part la Mère de Dieu qui porta dans son sein le feu de la divinité, et enfin les fidèles qui reçoivent le feu de l'Esprit dans l'Eucharistie. L'évêque doit être avant tout un cœur brûlant dans l'Esprit, brûlant de foi et d'amour sans se consumer.
L'autre moment est lié à la mitre que reçoit l'évêque et que Monseigneur Joseph a comparée à la couronne d'épines posée sur la tête du Sauveur. Il n'y a pas d'ornement plus glorieux que de ressembler au Sauveur souffrant d'amour, car "Dieu a tant aimé le monde...".
C'est alors que l'évêque apparaît comme la véritable icône du Christ et qu'il se présente devant ses frères et ses enfants dans son visage véritable d'un cœur embrasé et d'une tête couronnée avec les mots du Joseph de la Genèse: « C'est moi, Joseph, votre frère ».