Homélie de Son Eminence Monseigneur Serge

Archevêque des Eglises Orthodoxes Russes en Europe Occidentale, Exarchat du Patriarcat Œcuménique (+22 janvier 2003)


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Très chers frères et sœurs, nous sommes aujourd'hui réunis ici dans ce saint temple pour une occasion très joyeuse et très importante pour l'Église entière. Nous nous réjouissons avec notre frère Iosif qui vient d'être sacré évêque. Nous lui souhaitons du plus profond de notre être le succès dans la lourde mission qui lui est confiée.

Malgré le caractère festif et joyeux de cette journée, n'oublions pas en quel temps de l'année nous nous trouvons, le Grand Carême. Nous venons d'entendre dans le saint Évangile le récit de la guérison du Paralytique. Il est très frappant que le Christ, avant de rendre la santé physique à ce pauvre homme, commence par lui rendre la santé de l'âme, la santé spirituelle, en lui remettant ses péchés. Nous fêtons également en ce jour la mémoire de saint Grégoire Palamas qui est connu dans tout l'univers comme le défenseur de l'enseignement orthodoxe sur la lumière incréée qui nous a été révélée sur le Mont Thabor. Dieu veut, pour nous tous, que nous entrions dans cette lumière, dans la joie de son Royaume.

Mais la volonté de Dieu est limitée par la volonté de l'homme. Dieu qui est tout puissant devient impuissant devant notre entêtement. Par notre péché, par notre manque de désir de nous convertir, non seulement nous lui causons une profonde tristesse, mais encore nous le condamnons à l'impuissance. C'est pour cela, frères et sœurs, qu'aujourd'hui je vous rappelle que le péché qui est en nous est une barrière entre nous et Dieu.

Nous pouvons vaincre cette barrière par la confession fréquente de nos fautes. La confession n'est pas un exposé de nos états d'âme. Elle ne consiste pas non plus à nous justifier devant Dieu et à lui expliquer les raisons que nous avons de ne pas résister à telle ou telle faiblesse. Le pécheur, en s'approchant du Saint Évangile et de la Croix pour recevoir le pardon, doit en tout premier lieu avoir conscience qu'il est pécheur au fond de son être; il doit encore avoir le désir de sortir de ce carcan et de se convertir. Il ne suffit pas de reconnaître qu'on a agi ou pensé de telle ou telle façon. Il nous faut encore avoir la détermination véritable de surmonter nos faiblesses, de faire tout ce qui est en notre pouvoir pour ne pas y retomber. Peut-être que, malgré tout, à cause justement de notre faiblesse, nous allons connaître les mêmes chutes. Mais l'immense miséricorde de Dieu nous accordera toujours le pardon si notre demande de pardon est vraiment sincère. Au fond de mon cœur je sais que je suis pécheur. Mais je désire être sauvé et je suis prêt à faire ce qu'il faut pour changer...

Que Dieu nous donne sa force et son pardon dans la joie de la Résurrection. Amen!